Tête première - Tête première publie tour à tour des textes coup de poing et des récits intimistes, mais toujours touchants, percutants, portés par une langue et une voix uniques, dont la lecture ne devrait pas laisser qui que ce soit tout à fait intact.
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Emmanuel COCKE

Biographie

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Né d’un père professeur de philosophie d’origine américaine et d’une mère médecin, il n’est âgé que de deux ans lorsque sa mère se suicide, le laissant aux soins de sa grand-mère maternelle. Il apposera la dédicace suivante à sa deuxième parution romanesque, L’Emmanuscrit de la mère morte : À ma mère, suicidée.

Cocke baigne très tôt dans la littérature et le cinéma. En juillet 1961, après avoir été choisi par ses camarades et professeurs, Cocke obtient la Bourse Zellidja décernée par le ministère de l’éducation nationale (Paris). Il séjourne trois mois sur le territoire d’Israël et travaille au kibboutz de Revivim, où il fait ses premières armes de journaliste dans L’Information d’Israël.
De 1962 à 1965, Cocke travaille sur plusieurs films à petits et moyens budgets, dont un court-métrage intitulé Musika, qu’il signe en 1965 et pour lequel il obtient une musique originale de Michel Legrand. Ce court-métrage lui vaut des éloges dans Le Devoir, Echo Vedette et Cinéma 65. Cette même année, Cocke joue également au Théâtre National Populaire (TNP).
Il émigre au Canada le 18 décembre 1965 et s’établit à Montréal.
En 1967, sa pièce de théâtre Madame sauce-y-était est jouée au Théâtre Petit Champlain à Québec et met en vedette Raymond Bouchard et Ginette Letondal. Cocke anime des récitals de poésie accompagné d’un trio jazz à Expo 67, où il invite entre autres Claude Gauvreau, Claude Péloquin et Raôul Duguay, lequel rencontre le compositeur Walter Boudreau avec qui il fonde L’Infonie.
Son premier roman, Va voir au ciel si j’y suis sera finaliste au Prix du Cercle du Livre de France en 1970 ainsi qu’au Prix Jean Béraud la même année. Suite à la parution de ce premier roman fort bien accueilli par la critique, Cocke publie L’Emmanuscrit de la mère morte. Au cours de l’année 1972, Cocke est boursier du Conseil des Arts du Canada pour la création du roman Québeclove Superstory, satire du showbizz québécois, roman polémique et cinématographique qui ne sera jamais publié ou porté à l’écran.
Cocke termine en 1973 l’écriture du roman policier Sexe pour sang, publié de manière posthume aux Éditions Guérin, via la collection « Le Cadavre exquis », sous la direction de l’auteur québécois Louis Geoffroy, en 1974. En juin 1973, Emmanuel Cocke termine Louve Storée, qui se révèle être son dernier roman, publié par les Éditions Vert-Blanc-Rouge/Éditions de l’Heure. Quelques jours après le lancement de Louve Storée, Cocke part pour l’Inde en raison d’un séjour de quatre mois à Pondichéry dans l’ashram d’Auroville. La raison de ce voyage, financé en partie par une seconde Bourse du Conseil des Arts du Canada, était un projet de recherche visant la production d’un film et l’écriture d’un roman.
Le 16 septembre, célébrant son départ en compagnie d’amis sur une plage du Golfe du Bengale, Cocke s’aventure dans l’eau, mais ne connaissant aucun des dialectes indiens locaux, ce dernier ignore l’avertissement écrit se trouvant au bord de la plage et servant à décourager les baigneurs de s’aventurer dans les eaux environnantes. Alors qu’il nage au large, Cocke se retrouve prisonnier d’une lame de fond qui le précipite violemment contre un banc de sable. Sous la puissance de l’impact, il se fracture deux vertèbres et reste paralysé et prisonnier du cours d’eau, le laissant dériver et ingurgiter l’eau du golfe. Transporté d’urgence en ambulance à l’hôpital Jipmer, Cocke y séjourne quarante-cinq heures. Mis sous observation mais n’ayant reçu aucun lavement d’estomac après avoir avalé des quantités considérables de sable et d’algues, il succombe à un œdème pulmonaire le 19 septembre à l’âge de 28 ans.